lundi 23 juillet 2012

BIG FESTIVAL 2012 (Partie 1 - Introduction)


     Lorsque je suis allé récupérer mon accréditation presse pour le Big Festival en début de semaine, je ne m'attendais vraiment pas à me retrouver avec un sujet aussi épineux en ce Dimanche, en pleine nuit, devant mon ordinateur. Parce que à l'heure où j'écris ces lignes il faut le dire, cette 4eme édition du festival se déroulant sur la Côte Basque à Biarritz, tire un bilan assez terne. Fruit de nombreux déboires techniques et artistiques, l'événement aura réveillé les comportements les plus hostiles vis à vis de l'organisation. Parfois à raison, d'autres fois à tort.

      Il semble important de décrire l'événement : amené par Sebastien Farran (manageur de NTM & Johnny Hallyday, dinosaure de l'industrie), Edouard Rostand (tête pensante du magazine Trax) et Bertrand Brême, on a pu voir au fil de ces 4 premières années, leur objectif se révéler peu à peu. Alors que la population branchée se rue chaque été en Corse, au festival Calvi On The Rocks, ces 3 amoureux de la région ont décidé d'essayer de faire bouger ces gens vers le Sud Ouest, pour donner un second souffle au Pays Basque, et d'y insuffler un courant "hype" le temps d'une semaine. Pour ce faire, les 3 promoteurs ont mis les grands moyens : partenariat avec des grosses boites de prod', sortie du carnet d'adresse pour rameuter le plus de groupes et d'artistes possibles, ce qui a donné une programmation pointue, tendance, entre pop electro et rock, tout en visant à rester grand format, et en plus de ça, un "village" au bord de la mer a été monté, afin de donner âme à l'événement. Au menu : detente, bar, danse, musique, restaurant, un véritable endroit pour se pavaner en tant que festivalier.


    Sur le papier, l'idée s'annonçait sympathique. Dans la réalité tout est plus complexe. Car le problème est double, et cette nouvelle édition nous l'a bien montré. 

     Il vient d'abord du festival : durant 5 jours, de nombreux problèmes ont considérablement gâché la fête. On pense ici aux retards récurrents, aux 3 annulations d'artistes (Peter Doherty prévisible, le groupe basque Berri Txarrak qui s'est opposé à sa programmation en tout dernier à la dernière minute, et M83 qui à cause de 2h de retard sur les horaires prévus n'a pas pu assurer son concert faute d'un avion à prendre), de la communication très hasardeuse via les réseaux sociaux ( annonce de la programmation complète mainte fois repoussée, pas de navette initialement annoncée, peu d'interactions sur Facebook avant l'événement) et de problèmes durant l'événement particulièrement genant (la Big Boite, refuge de toute la programmation electro, extrêmement select, et des réglages de sons limites, avec 1 ou 2 fois carrément coupure totale). Tous ces soucis ne paraissent pas particulièrement acceptables pour un tel événement, en partant du fait que les gens ont payé (assez cher) et se doivent donc d'être bien servis, dans des conditions correctes et professionnelles. Il n'est pas compliqué d'annoncer des artistes dans la journée comme c'était prévu, de tenir un engagement initial (les navettes), de respecter des horaires, ou même de laisser rentrer les premiers arrivés à la boite (au lieu de choisir en fonction de tels critères..)



     Mais il vient aussi de la population locale elle même : de nombreuses personnes, assez attachées à la région, se montrent très hostiles à l'égard du festival, par son côté tendance, et "Parisien" comme on qualifie souvent l'événement avec mépris. Ainsi donc, l'effet boule de neige est apparu à de nombreuses reprises sur Facebook et Twitter. On pouvait voir de nombreuses critiques très faciles revenir, à chaque petit couac de la part de l'organisation. Avec acharnement inclus. Mais, à mon sens, il est très regrettable de la part de cette catégorie de personne d'aller fustiger l'événement parce qu'il vend des sushis et du champagne à ses concerts ( avec parallèlement de la bonne bière blonde) alors qu'en même temps, ils peuvent accéder à une catégorie d'artistes que peu de locaux s'intéresseraient à faire venir. Le plus beau concert de l'événement restera certainement celui de Sebastien Tellier, et la réaction a été unanime. Jamais des régionaux n'auraient osé faire venir un hurluberlu pareil. La fermeture d'esprit dans une région est selon moi très néfaste, et n'amène pas à une richesse culturelle que l'on est en droit d'attendre. Nous avons des comportements différents, des gouts différents, des codes différents, il est important de respecter ceci, et de laisser les gens faire ce qu'ils veulent, et s'intéresser à ce qu'ils veulent, tant qu'ils vous respectent en retour.  

      A titre d'exemple, si la Big Boite - grand soucis de cette édition - a été installée au Casino de Biarritz, avec videur qui jouaient aussi le rôle de physio et ne laissaient pas rentrer tout le monde, c'est bien parce que l'année d'avant elle était gratuite,  accessible à tous à l'Atabal (salle de concert) et au même moment, les boites de nuits de la région très méfiantes ont signé une pétition pour s'opposer au concept. L'organisation n'avait pas beaucoup de choix possible : supprimer ces soirées, ou les conserver mais de manière plus drastique pour éviter les soucis. On peut voir ici que s'opposer fermement à l'événement, pour son image, peut gâcher le plaisir des autres. Et c'est particulièrement regrettable.
       Enfin on notera qu'un Festival n'est pas non plus une petite fête organisée à l'improviste. Cela représente énormément de logistique, et on peut être en droit de dire que le Big n'a que 4 ans d'âge et se cherche encore. Ainsi, les faiblesses de la part de l'événement doivent être un peu plus comprises de la part du public, tant que cela n'affecte pas le reste des concerts (ce qui n'a pas été le cas pour M83). Mais  d'année en année, le festival a souvent cherché à s'améliorer. A régler les soucis des années précédentes. Et il est important de le rappeller.



          Finalement, je tiens à dire que ce discours n'excuse nullement tous les problèmes rencontrés durant ces 5 jours, mais tend à les relativiser tant qu'ils peuvent l'être. Non, le festival n'est pas un rouleau compresseur Parisien qui va raser le Pays Basque de la carte, mais de la même manière, il faut dire que 3 artistes annulés en 2 jours ce n'est pas normal. Des retards supérieurs à 1h, ce n'est pas normal. Une boite de nuit VIP en festival ce n'est pas normal non plus. Mais du chemin a été parcouru depuis la première année, des gens ont gardé des grands souvenirs de concerts sur la Cote Basque, la Halle d'Iraty a été investi pour la première fois, des artistes et des gens ont pu découvrir la région. Et pour tous ces apports, on ne peut pas s'opposer à un tel evenement, qui permet de faire vivre la région, quoiqu'en disent les détracteurs les plus virulent.

Les reviews des concerts arrivent bientôt...


12 commentaires:

  1. Sébastien Tellier a déjà été programmé à Biarritz en 2008 par Redux!!!

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    1. Il est faux de dire que je prend les gens d'ici pour des pouilleux. Puisque j'en suis tout autant originaire (vu mon accent, je me fais vite griller à Paris). Ce que je veux dire plus exactement, et qui m'a dérangé, c'est le comportement de certaines personnes qui ressortent constamment cet "argument parisien" au lieu de tout simplement dire que l'organisation n'était pas forcément professionnelle.
      Le festival a pris un certain ton, que certain qualifieront de bobo ou de hipster, et cracher là dessus est un peu idiot selon moi. Par contre, ce que je veux dire et qui ne va pas du tout, c'est qu'avec cette image très propre et lisse, les problèmes d'organisation les plus futiles (pas de papier toilette??) comme les plus importants, sont encore moins excusables. Parce que avant de donner un aspect extérieur tout mignon, il faudrait assurer de l'intérieur.

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  3. bref, cet évènement est un non-festival.Biensûr, je ne vais pas défendre les gens qui habitent ici, et qui sont eux, fermés. Mais ne généralise pas trop vite, surtout quand tu affirmes des choses fausses concernant la vie culturelle locale...Tellier.

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  4. je rentrerais pas dans le discours de la culture régionale, j'en suis un acteur et on en souffre un peu a la vue d'un tel festival local (pas de contre parisiens je m'en fou totalement)
    ce festival est une hérésie niveau organisation, je sais ce qui c'est passé a l’intérieur du festival (le soucis Berri Txarak qui a failli et commencer un peu a la claque dans les loges, les coupures de courant de samedi n’était pas accidentelle, piqué de gréve des techniciens oui oui faut le quand même)
    enfin bref ça n'est que deux exemples parmi tant d'autres.

    la ou je vois un soucis sérieux par contre, c'est justement aux niveaux des artistes et même si la prog ne me plais guère ça fou une terrible mauvaise réputations pour les festivals et orga d’à coté.

    voila. je trouve personnellement que tout cela est inadmissible au tarif ou les gens payent surtout et c'est surtout a eux qu'on pense en premier

    a suivre tout ça ......

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    1. C'est vrai pour les techniciens?
      Si c'est le cas, c'est particulièrement grave de la part de l'organisation

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    2. oui oui c'est vrai, j'ai pas tout les détails mais je le saurais assez vite
      tekos, catering bénévoles .... y a eu un gros coup de gueules en coulisses

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    3. on m'a dit ça aussi...aucune eau/nourriture pour les techniciens/bénévoles de prévu...Et oui, parisien ou pas on s'enfout, ce qui compte c'est le festival en lui même...

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  5. très bon article, intéressant.
    Le BIG festival représente en effet une important opportunité pour le pays basque (français) et son attractivité. Je pense qu'il ne faut pas fustiger la vision de Brice (le basque) mais considérer au contraire le fait que le BIG est un festival (quoique très biarrot) ouvert d'esprit et bénéfique.
    Bref, continue ma gueule

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  6. Je me pose cette question car je ne l'ai vu nul part, et que tu n'en as pas parlé mais y a-t-il un camping ou un autre hébergement de prévus pour les festivaliers ?

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    1. C'était selon l'organisation "a l'étude" après l'édition 2011, et on en a plus jamais entendu parler. Surtout que se loger sur Biarritz l'été ça coûte particulièrement cher, de même pour Anglet, et Bayonne ça reste assez loin...

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  7. Rien pour les handicapés,pas de podium P.M.R...comme d'habitude,personne n'en parle

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